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Effets toxiques des matières actives


Information
2921-88-2
chlorpyriphos, chlorpyriphos-éthyl
Insecticide, Acaricide
Organophosphaté
1B
Inhibition de l'enzyme acétylcholinestérase, avec interruption de la transmission de l'influx nerveux.
Légende : Extrêmement Élevé
Extrêmement
élevé
Élevé
Élevé
Modéré
Modéré
Léger
Léger
Faible
Faible
Signification des symboles de risque

Le chlorpyrifos est modérément toxique par les voies orale et respiratoire. Il est sévèrement toxique par la voie cutanée chez le rat et modérément chez le lapin. L'inhibition des cholinestérases est l'effet le plus sensible chez toutes les espèces animales et l'humain peu importe la durée d'exposition. Le chlorpyrifos n'est pas un sensibilisant cutané.
L'exposition chronique au chlorpyrifos peut conduire à une diminution cumulative de l'activité des cholinestérases à un niveau critique. Parmi les animaux, le chien serait une espèce plus sensible pour l'inhibition des cholinestérases et les effets systémiques (augmentation du poids du foie). Chez les rats, on a noté entre autres, une baisse de poids corporel et de gain de poids, des effets oculaires, des effets aux glandes surrénales ainsi qu'une modification aux paramètres hématologiques et à la chimie cliniques. Le chlorpyrifos pourrait affecter le développement du système nerveux des fœtus de rats par des mécanismes indépendant de l'inhibition des cholinestérases mais il n'est pas toxique pour la reproduction à des doses non toxiques pour les parents. Par ailleurs, des chercheurs ont démontré que l'association entre l'exposition prénatale au chlorpyrifos et des effets neurodéveloppementaux chez les enfants exposés in utero restait siginficativement et positivement liée. Ce constat est admis par l'EPA. Le chlorpyrifos n'a pas causé de génotoxicité dans des systèmes mammaliens et il n'est pas considéré comme un perturbateur endocrinien.

Le chlorpyrifos est très toxique chez les poissons d'eau douce (CL50 - 96 h de 8 µg/L chez la truite arc-en-ciel) et les invertébrés aquatiques d’eau douce (CE50 – 48 h de 0,1 µg/L pour Daphnia magna). Le TCP, un produit de dégradation du chlorpyrifos, est modérément toxique chez les poissons d’eau douce (CL50 - 96 h de 1500 µg/L chez la truite arc-en-ciel) et légèrement toxique chez les invertébrés aquatiques d’eau douce (CE50 – 48 h de 10400 µg/L pour Daphnia magna). La valeur du log P du chlorpyrifos (4,7) et du TCP (3,21) indique qu’ils ont un potentiel élevé de bioaccumulation dans les tissus des organismes aquatiques.

- Le chlorpyrifos est toxique chez les oiseaux exposés par voie orale (DL50 de 32 mg/kg p.c. chez le colin de Virginie).
Cet insecticide est toxique chez les abeilles.
Élevée
Le chlorpyrifos est de faiblement persistant à persistant dans les sols en condition aérobie (demi-vie de 11 à 180 jours) et modérément persistant en condition anaérobie (demi-vie de 39 à 51 jours). Il est faiblement persistant dans l’eau en condition aérobie (demi-vie de 5 jours). La vitesse de l’hydrolyse de cet insecticide varie avec le pH du milieu. À pH 5 et à pH 7, sa demi-vie par l'hydrolyse est de 72 jours et elle est de 16 jours à pH 8. Le chlorpyrifos est sensible à la photolyse dans l'eau. Sa demi-vie avec ce mécanisme est de 29,6 jours à pH 7.

Le principal produit de dégradation du chlorpyrifos est le 3,5,6-trichloropyridin-2-ol (TCP). Le TCP est modérément persistant dans les sols en condition aérobie (demi-vie de 38,5 jours) et faiblement persistant dans l'eau (demi-vie de 23 jours). Le chlorpyrifos peut également se dégrader en chlorpyrifos oxon.
Élevé
La constante d'adsorption sur le carbone organique (Koc) du chlorpyrifos est de 360 à 31000 ml/g. Il est donc de modérément mobile à immobile dans les sols et son potentiel de lessivage est élevé. Il se volatilise lentement à partir des sols humides et de l'eau selon la constante de la loi de Henry (H = 4,2 x 10-6 atm.m3/mol).

Le principal métabolite du chlorpyrifos, le TCP, est modérément mobile dans les sols (Koc de 149 ml/g). Son potentiel de lessivage est élevé, indiquant qu'il peut contaminer l'eau souterraine par lixiviation. Sa constante de la loi de Henry (1,1 x 10-5 atm.m3/mol) indique qu'il se volatilise lentement à partir des sols humides et de l’eau.