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Fiche Matière active : dicamba

  Information

DIC
1918-00-9
DIANAT, MDBA
Herbicide

Pénétration plante :

  • Foliaire
  • Possible absorption racinaire (persistance)

Migration plante :

  • Systémique
Benzoates
4
Modéré 

Mauvaise herbe confirmée résistante à la matière active clopyralide seulement (groupe 4) au Québec : petite herbe à poux.

Dernière mise à jour : mai 2025

 

Effets sur les fonctions physiologiques : division cellulaire et croissance.

Mode et site d’action : auxine de synthèse. Phytohormone qui dérègle la croissance des plantes.

Légende :
Extrêmement Élevé
Extrêmement
élevé
Élevé
Élevé
Modéré
Modéré
Léger
Léger
Faible
Faible

Le dicamba possède une faible toxicité aiguë par la voie orale, cutanée ou par inhalation. Il est irritant pour la peau mais il serait corrosif pour les yeux et un sensibilisant cutané selon Santé Canada (ARLA).

Chez les animaux de laboratoire, l'exposition à des doses orales élevées a causé des effets neurologiques. Une étude de toxicité subchronique chez les rats a révélé des effets hépatiques à des taux élevés. Dans les études d’une durée de deux ans sur la cancérogénicité par voie alimentaire chez la souris et le rat, on n’a trouvé aucun effet cancérogène du dicamba. Toutefois, l’étude chez le rat a été jugée inadéquate comme évaluation du potentiel cancérogène/de la toxicité chronique du dicamba, car les doses les plus élevées utilisées n’avaient provoqué aucun effet et étaient donc en deçà de la dose maximale tolérée. 

Dans des études sur la reproduction et le développement des animaux de laboratoire, les petits n'ont pas démontré de sensibilité accrue comparativement aux adultes après une exposition in utero et/ou post natale au dicamba. Il est neurotoxique, mais aucune anomalie du développement du système nerveux des fœtus n'a été observée dans des études sur le développement des rats et des lapins. Le dicamba n'est pas génotoxique et les données sur la perturbation endocrinienne sont incomplètes.

Le dicamba est légèrement toxique chez les poissons d'eau douce. Il est faiblement toxique chez les invertébrés aquatiques. Peu d'effets néfastes ont été observés chez l'algue verte Selenastrum capricornutum et chez la plante vasculaire Lemna gibba lorsqu'elles sont exposées au dicamba. Sa valeur de log P indique qu'il n'est pas susceptible de se bioaccumuler dans les tissus des organismes aquatiques.

Le dicamba est légèrement à modérément toxique chez les oiseaux. La DL50 aiguë est de 188 mg/kg p.c. chez le colin de Virginie et de 1 373 mg/kg p.c. chez le canard colvert.

Cet herbicide est pratiquement non toxique chez les abeilles avec une DL50 aiguë de 90,65 µg/abeille.

Faible

La biodégradation en conditions aérobies constitue la principale voie de transformation du dicamba dans les sols et dans l'eau. Il est faiblement persistant dans les sols aérobies avec une demi-vie variant de 2,9 à 21 jours (moyenne 12 j). Dans les systèmes eau-sédiments aérobies, sa dégradation est modérée avec une demi-vie variant de 39,8 à 45,5 jours (moyenne 42,7 j). Le dicamba est persistant en conditions anaérobies tant dans les sols (demi-vie = 84 j) que dans l'eau (demi-vie = 141 j). De plus, il résiste à l'hydrolyse à tous les pH que l'on rencontre normalement dans l'environnement. Sa photolyse au sol (demi-vie = 201 j) et dans l'eau (demi-vie > 30 j) ne constitue pas une voie importante de dégradation. Dans l'air, le dicamba existe à la fois sous forme vapeur et adsorbé sur les particules en suspension. Sous forme vapeur, il se dégrade rapidement en réagissant avec les radicaux hydroxyles produits photochimiquement. Sa demi-vie est estimée à 6 heures.
Le principal métabolite du dicamba, observé avant sa minéralisation complète en conditions aérobies, est l'acide 3,6-dichlorosalicylique. Ce dernier est faiblement persistant dans l'environnement (demi-vie = 9,4 j).

Élevé

Le dicamba est très soluble dans l'eau et faiblement adsorbé sur les particules de sol. Sa constante d'adsorption sur le carbone organique varie de 3,5 à 21 ml/g, ce qui indique qu'il est mobile à très mobile dans les sols. Malgré qu'il soit faiblement persistant, son potentiel de lessivage est élevé. Cet herbicide peut contaminer l'eau souterraine par lixiviation. Il peut aussi contaminer l'eau de surface par ruissellement. La volatilisation du dicamba (pression de vapeur = 3,4 x 10-5 mm Hg à 25 °C) à partir des sols et de la surface des plantes pourrait contribuer à sa dissipation dans l'environnement. Il a d'ailleurs été détecté dans des échantillons d'air ambiant au Canada. Sa constante de la loi de Henry (5,99 x 10-10 atm m3/mol) indique qu'il est peu susceptible de se volatiliser à partir des sols humides ou à partir d'un plan d'eau. Son principal produit de dégradation, l'acide 3,6-dichlorosalicylique, est légèrement à modérément mobile dans les sols avec des valeurs de Koc variant de 242 à 2 930 ml/g.