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Fiche Matière active : bentazone

  Information

BZN
25057-89-0
bendioxide, bentazon
Herbicide

Pénétration plante :

  • Foliaire

Migration plante :

  • Contact
Benzothiadiazinone
6
Très faible à faible 

Liste des mauvaises herbes confirmées résistantes au Québec (2011-2025) : petite herbe à poux (multirésistante (2+6)).

Dernière mise à jour : mars 2026

 

Effets sur les fonctions physiologiques : activation par la lumière des ERO (espèces réactives de l'oxygène) (ROS: reactive oxygen species). 
Mode et site d’action : inhibition de la photosynthèse au niveau du photosystème II - liants D1 histidine 215.

Légende :
Extrêmement Élevé
Extrêmement
élevé
Élevé
Élevé
Modéré
Modéré
Léger
Léger
Faible
Faible

Le bentazone est légèrement toxique par la voie orale et il possède une faible toxicité oar la voie cutanée et par inhalation. Il est  modérément irritant pour les yeux, mais faiblement pour la peau. Il est un sensibilisant cutané.

Les études subchroniques et chroniques chez les animaux de laboratoire démontrent que le bentazone a causé des effets toxiques à des paramètres hématologiques et de coagulation (augmentation de la thromboplastine et du temps de prothrombine, anémie) et a causé des effets toxiques à certains organes (foie, reins, glande thyroïde, pancréas, intrstin, rate). Aucun effet cancérogène n'a été observé et le bentazone n'est pas génotoxique. 

Des effets sur le développement, tels qu'une augmentation des pertes post-implantation, une diminution du nombre de fœtus vivants et un retard du développement fœtal, ont été observés dans une étude sur le développement chez le rat en l'absence de toxicité maternelle manifeste, ce qui est corroboré par les résultats d'autres études sur le développement chez le rat. L'EFSA a classé le bentazone dans la catégorie 2 européenne pour la reproduction (et développement) comme étant susceptible de nuire à la fertilité ou au fœtus. L'EFSA note aussi des signes fœtotoxiques équivoques (perte post-implantation) chez le lapin. Il y avait une évidence de sensibilité quantitative additionnelle suivant une exposition pré-/postnatale dans une étude de la reproduction chez les rats mais les divers paramètres de la reproduction ne semblent avoir été affectés. Le bentazone n'est pas génotoxique et il ne cause pas de perturbation de la fonction endocrinienne. Dans l'étude de neurotoxicité aiguë, on a observé une diminution de l'activité motrice chez les mâles au jour 0.

Le bentazone est faiblement toxique chez les poissons d'eau douce (CL50 - 96 h > 100 000 µg/L chez la truite arc-en-ciel) et les invertébrés aquatiques d’eau douce (CE50 – 48 h > 100 000 µg/L pour Daphnia magna). Il est modérément toxique chez les algues (CE50 - 72 h = 4500 µg/L pour Pseudokirchneriella subcapitata) et les plantes vasculaires (CE50 – 7 jours de 5350 µg/L pour Lemna gibba). Son log P indique qu'elle ne se bioaccumule pas dans les tissus des organismes aquatiques.
La bentazone est légèrement toxique chez les oiseaux avec une DL50 aiguë de 1 171 mg/kg p.c. chez le colin de Virginie. Elle est faiblement à légèrement toxique chez les oiseaux exposés par voie alimentaire avec des CL50 de 4 830 mg/kg diète chez le canard colvert et supérieure à 5 000 mg/kg diète chez le colin de Virginie.
Cet herbicide est faiblement toxique chez les abeilles avec une DL50 aiguë par contact supérieure à 100 µg/abeille.
Modérée
La bentazone résiste à l'hydrolyse à tous les pH que l'on observe normalement dans l'environnement. Elle se dégrade assez rapidement par photolyse dans l'eau avec une demi-vie de 62 heures. Ce mécanisme de transformation semble constituer sa principale voie de dégradation dans l'eau. Au sol, elle se dégrade très lentement par photolyse (demi-vie > 941 heures). La bentazone est faiblement persistante à persistante dans les sols en conditions aérobies. Sa demi-vie dans ces conditions varie de 2 à 14 semaines (moyenne de 56 jours). Elle est modérément persistante dans l’eau (demi-vie de 80 jours). Une étude utilisant des résidus de la bentazone a démontré qu'elle serait modérément persistante dans les sols en conditions anaérobies (demi-vie = 89 jours). La N-méthylbentazone et le 2-amino-N-isopropylbenzamide (CAS 30391-89-0) sont ses principaux produits de dégradation. Sous forme vapeur, la bentazone se dégrade rapidement en réagissant avec les radicaux hydroxyles produits photochimiquement. Sa demi-vie est estimée à 6,2 heures. Le 2-amino-N-isopropylbenzamide est faiblement persistant dans le sol.
Élevé
La bentazone présente les caractéristiques propres aux substances susceptibles de contaminer l'eau souterraine. Sa constante d'adsorption indique qu'elle est mobile dans le sol (Koc = 55,3). Son potentiel de lessivage est élevé. Quant à ses deux principaux métabolites, la N-méthylbentazone est immobile dans le sol, tandis que le 2-amino-N-isopropylbenzamide est très mobile. Étant donné que ce dernier est faiblement persistant, son potentiel de lessivage est susceptible d’être plutôt faible. En raison de sa faible pression de vapeur (1,2 x 10-6 mm Hg à 20 °C), la bentazone existe à la fois sous forme vapeur et adsorbée sur les particules en suspension dans l'air. Dans ce dernier cas, elle peut quitter l'atmosphère sous forme de retombées sèches ou humides.